Terrasse : déclaration préalable ou rien ?
Terrasse de plain-pied : aucune formalité. Surélevée ou couverte : déclaration préalable jusqu’à 20 m², 40 m² accolée en zone U, permis au-delà.
Vérifié sur les sources officielles le · Sources : Service-public.gouv.fr · Par Arno Joyeux
Une terrasse de plain-pied ne demande aucune formalité, sauf en secteur protégé où il faut une déclaration préalable. Une terrasse surélevée ou couverte demande une déclaration préalable jusqu’à 20 m² d’emprise au sol, et jusqu’à 40 m² si elle est accolée à la maison dans une zone urbaine d’un PLU ; au-delà, un permis de construire (service-public.gouv.fr, fiche F36774, vérifiée le 20 novembre 2025). La dispense de la terrasse de plain-pied vient de l’article R*421-2 du code de l’urbanisme.
Le tableau des seuils
| Terrasse | Accolée à la maison | Indépendante |
|---|---|---|
| De plain-pied | Aucune formalité ; déclaration préalable en secteur protégé | Aucune formalité ; déclaration préalable en secteur protégé |
| Surélevée ou couverte, 20 m² d’emprise au sol ou moins | Déclaration préalable | Déclaration préalable |
| Surélevée ou couverte, plus de 20 m² et jusqu’à 40 m² | Déclaration préalable en zone urbaine d’un PLU ; permis de construire ailleurs | Permis de construire |
| Surélevée ou couverte, plus de 40 m² | Permis de construire | Permis de construire |
Le secteur protégé, c’est un site patrimonial remarquable, les abords d’un monument historique ou un site classé. Il ne change les seuils que pour la terrasse de plain-pied : là, une déclaration préalable est due quelle que soit la surface (article R421-11 du code de l’urbanisme, cité par la notice officielle des formulaires).
Plain-pied ou surélevée : où passe la limite ?
La fiche officielle définit la terrasse de plain-pied comme une terrasse « non surélevée ou très faiblement surélevée ». La fiche sur les surfaces ajoute qu’une terrasse au niveau du terrain naturel, sans fondations profondes, n’entre pas dans l’emprise au sol. Aucun texte relu pour ce guide — code de l’urbanisme, fiche F36774, notice du cerfa — ne fixe de hauteur en centimètres : le chiffre de 60 cm qui circule n’a pas de source officielle. La mairie apprécie au cas par cas ; en cas de doute, une déclaration préalable vaut mieux qu’une terrasse refusée après coup.
Une terrasse couverte relève de la déclaration ou du permis selon les mêmes seuils, même posée au niveau du sol. Fermée sur ses côtés, elle crée de la surface close et couverte : elle suit alors les règles d’une véranda.
Distances et vues sur le voisin
Le règlement du PLU fixe la distance aux limites du terrain. S’il ne prévoit rien, la terrasse se construit soit en limite de propriété, soit à 3 mètres au moins de celle-ci (fiche F36774). Une terrasse surélevée qui donne une vue chez le voisin doit aussi respecter 1,9 mètre de la limite en vue droite et 0,6 mètre en vue oblique, sauf accord écrit du voisin. Dans une commune sans PLU, la règle de distance se calcule avec l’outil distance limite séparative sans PLU.
Vérifiez la zone et le règlement de votre commune : sa fiche donne le document d’urbanisme en vigueur, ses zones et le lien vers le règlement officiel.
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Les pièces à fournir
Pour une déclaration préalable, le formulaire est le cerfa n° 16702. Son bordereau des pièces dit ce qui peut être demandé, et rien d’autre :
- Le plan de situation du terrain (pièce DPC1), obligatoire dans tous les cas : voir plan de situation.
- Le plan de masse coté dans les 3 dimensions (DPC2), puisque la terrasse surélevée ou couverte crée une construction : voir plan de masse.
- Un plan en coupe (DPC3) si le profil du terrain change : remblai, déblai, terrasse sur un talus.
- Le plan des façades et des toitures (DPC4) si la terrasse accolée les modifie.
- Si la terrasse est visible depuis l’espace public, ou aux abords d’un monument historique : un document graphique d’insertion et deux photographies du terrain, de près et de loin (DPC6 à DPC8).
En dépôt papier, la déclaration se remet en 2 exemplaires, avec 2 exemplaires supplémentaires du plan de situation et, pour une construction, du plan de masse (fiche F17578). Au-delà des seuils, c’est un permis de construire, avec son propre formulaire.
Les erreurs qui font refuser ou retarder le dossier
- Ne compter que la surface « utile ». Le seuil se mesure en emprise au sol, projection verticale de l’ouvrage, tous débords et surplombs inclus (fiche F2868). Le détail : surface de plancher et emprise au sol.
- Oublier la zone du PLU. Le plafond de 40 m² ne vaut qu’en zone urbaine d’un PLU, pour une terrasse accolée. Ailleurs, la déclaration s’arrête à 20 m².
- Un plan de masse sans cotes, sans échelle ou sans le nord. La notice du formulaire les exige ; un dossier incomplet ne commence pas à être instruit.
- Ignorer le règlement. Une déclaration en règle n’autorise pas une terrasse qui ne respecte pas la distance aux limites ou l’emprise au sol maximale de la zone : la mairie s’y oppose.
- Construire sans rien déposer. Des travaux sans l’autorisation requise sont un délit puni d’une amende de 1 200 € à 300 000 € ; les poursuites pénales restent possibles 6 ans après l’achèvement (fiche F642).
Les délais
La mairie a un mois pour s’opposer à une déclaration préalable, deux mois aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable ; sans réponse, la déclaration est acceptée (fiche F17578). Dans le premier mois, elle peut réclamer une pièce manquante : le délai repart alors de sa réception. Un permis de construire pour une maison et ses annexes est instruit en deux mois. Le détail du dossier : déclaration préalable de travaux.
Une terrasse ouverte n’entre pas dans la surface taxable, faite de surfaces closes et couvertes (fiche F2868) : elle ne paie pas de taxe d’aménagement à ce titre. Fermée et couverte, à plus de 1,80 m sous plafond, elle devient une surface close et couverte, donc taxable : le simulateur de taxe d’aménagement en donne le montant aux taux de la commune. Elle peut en revanche modifier la taxe foncière.
Préparer votre dossier
L’outil Préparer ma déclaration préalable reprend ces étapes à partir de votre adresse : la parcelle, la zone du PLU, les règles de cette zone qui touchent une terrasse, la formalité qui en découle, puis la liste des pièces à joindre avant le dépôt en mairie.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour une terrasse en bois de plain-pied ?
Non, hors secteur protégé : une terrasse de plain-pied est dispensée de formalité, quel que soit son matériau. Elle doit quand même respecter le règlement du PLU.
Quelle autorisation pour une terrasse surélevée de 30 m² accolée à la maison ?
Une déclaration préalable si le terrain est en zone urbaine d’un PLU, un permis de construire ailleurs : hors zone urbaine, le plafond de la déclaration est de 20 m².
Une terrasse couverte est-elle une extension ?
Accolée à la maison, elle suit les seuils d’une extension : 20 m², ou 40 m² en zone urbaine d’un PLU. Fermée sur ses côtés, elle devient une véranda, qui crée de la surface de plancher.
À partir de quelle hauteur une terrasse est-elle surélevée ?
Aucun texte officiel ne fixe de hauteur. La fiche parle d’une terrasse « non surélevée ou très faiblement surélevée » ; la mairie tranche.
Pour les autres travaux autour de la maison, les seuils sont réunis dans travaux extérieurs : quelle autorisation.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Quelle autorisation d’urbanisme faut-il déposer pour faire une terrasse ? » (fiche F36774, vérifiée le 20 novembre 2025, relue le 11 octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr, notice du cerfa n° 51434*13 (formalités et pièces à joindre, relue le 11 octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr, « Surface de plancher, emprise au sol et surface taxable » (fiche F2868)
- Service-public.gouv.fr, formulaire cerfa n° 16702 « Déclaration préalable, constructions et travaux »
- Service-public.gouv.fr, « Déclaration préalable (DP) » (fiche F17578)
- Service-public.gouv.fr, « Infractions aux règles d’urbanisme : délais de prescription » (fiche F642)